Le Printemps Français. Conte Gore. 4.1 / 5

Pour ceux qui n’ont pas lu le début : http://3d-art-ebooks.com/le-printemps-francais-conte-gore-13/lefouet

Pendant qu’Aremède Tzoumoke et Toukon Toukon négociaient le prix des instruments de torture chez Marlin le Diablotin, le Chef avait descendu une demi bouteille de gin, en plus du litre de Jack Daniel’s.

Férocement inspiré par l’alcool, ordinairement (relativement) pacifique, émoustillé par les scènes cruelles du Dernier Train du Katanga, il décida, histoire de passer le temps, de martyriser ‘préventivement Chystoule Bave Billé avant son supplice global définitif.

Après avoir réfléchi courtement, il détermina de fouetter Bave Billé avec un bout de câble électrique arraché sur une caméra. Avec des ciseaux, il découpa d’abord de bas en haut le pull over et la chemise de Chystovle Bave Billé, toujours lié à 4 pattes, découvrant ainsi l’épiderme du dos de l’innommable jacteur, dès lors offert au fouet.

Terrifié, le margoule à demi dénudé s’attendait au pire. Cruel, le Chef Punisseur fit tournoyer le câble au dessus de l’affreux, avant de le frapper de plein fouet. Le sifflement aigu de l’air coupé par la schlague imaginée précéda le cri du margoule en attente d’exécution. L’agencier enchaîné subit donc là sa première punition concrète.

–– SHLAKK !!!

—- AAAHH !

–– SHLAKK !!!

—- AAAAAAHH !

—- TAIS TOI ! TU ME SAOULES !!!

—- ??? Mais j’ai très mal Chef, il est normal que je crie ; aah !

–– Ta gueule ! Tout à l’heure, lorsqu’Aremède te découpera la langue au fer rouge, tu auras l’occasion de hurler pour quelque chose. Tiens, j’ai une idée !

—- Aaahh ?

—- Oui. Pour t’apprendre à pousser des cris démesurés pour un si petit coup de fouet de rien du tout, je vais dénuder cette rallonge électrique et te réactiver au 220 volts. Tu vas connaître un nouveau niveau de souffrance.

—- Non ? NOONN !!!

Malgré la fracture étatique liée à son état alcoolique avancé, le chef réussit derechef à taillader l’extrémité du câble avec un cutter jaune et à retirer la gaine plastique afin de laisser le fil de cuivre distribuer généreusement les électrons sur le dos de B.Billé.

—- Je vais te mettre au courant !

—- PITIÉ, NOOOON !!!

Le Chef imbibé chancelant attrapa le câble du côté encore isolé, brancha la rallonge et flagella à toute force le persifleur médiatique avec le fil métallique nu. Les brins de cuivre étincelaient d’un joli jaune d’or au soleil de mai.

—- SHLAKFZZZZ  !!!*

*bruit du courant

L’électricité carbonisa la peau visqueuse de Bave Billé, zébrant son dos d’un douloureux sillon noirâtre. Une fumée inhumaine forma un âcre nuage grisâtre, tandis qu’une odeur écoeurante de cochon grillé irruptait dans le studio de propagande mué en salle de torture.

Le margoule électrifié, tétanisé, hurla de douleur mais avec un temps de retard, un court instant de silence dû à la paralysie causée par le courant.

—- ………………. AAAAARHH !!! MAINTENANT, JE SUIS AU COURANT !!!

—- SHLAKFZZZZ !!

—- ………………… AAAAAARHH !!! JE SUIS AU COURANT !!!

—- SHLAKFZZZZ !!

—- …………………. AAAAAAAAAARHH !!! JE SUIS AU COURANT !!!

—- SHLAKFZZZZ !!

Ce dialogue bestial entre le claquement du fouet et les hurlements du supplicié aurait pu durer longtemps, si d’aventure Aremède et Toukon ne réapparaissaient bientôt.

 © #PiereChalory  Avril 12 / 2014

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