Le Printemps Français. Conte gore. 1/5

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En ce début de 21ème siècle, en ce temps incertain, les valeurs ancestrales étaient bafouées, renversées, inversées au profit de néo-concepts fumeux. Un légitime sentiment de révolte s’insinua par bribes dans la masse humaine ignorée du pouvoir. Populace méprisée, meute insignifiante qu’on croyait définitivement abrutie à la météo, scotchée aux jeux-vidéo-placebos, prolongée au loto, finie au football.

Irraisonnée foule, arraisonnée par les margoules*. Masse naze en nasse, endormie à la musique variétale décérébrante, mp3. Multitude endormie l’oeil ouvert, l’esprit embrumé de rêves de singes. Armée de trépanés volontaires mystifiée au story-telling insane ; tv conte à la con basé sur la nullitude des peoples frelatés, vendus comme modèles de réussite aux biturés à l’eau du robinet.

*Chefs des margoulins

Les prix avaient explosés. Surtout celui des produits alimentaires de base, tandis que les revenus de toute sorte, les retraites, les salaires de misère avaient implosés, se réduisant à sommes ridicules justes bonnes à la survie, façon ermite.

Pendant que le pouvoir dépensait sans compter en élections bidons, imprimait des millions d’affiches en couleurs ornées de têtes de cons, se goinfrait en cocktails dînatoires et arrosait de petits fours les sympathisants, embauchait à tour de bras des soldats de guerres inutiles & lointaines vidant les caisses de l’état et couvrant d’or les marchands de mort multi-milliardaires, les citoyens loyaux n’avaient plus rien à manger.

Même les vieux, qui avaient trimé et cotisé toute une vie honnête, étaient punis. Les pensions, les retraites étaient soi disant ‘gelées, en réalité diminuées, ponctionnées, rackettées d’office par les horribles margoules.

Tandis qu’une frange de la population à panse rebondie s’engraissait toujours plus, la majorité du peuple laborieux ou non se desséchait, semblant suivre inconsciemment les conseils post mortem de l’ineffable Ray Mont Bar. Célèbre douteur de rien ; politoc roué à l’air naïf-satisfait, qui jadis inventa sans le vouloir un pendant osé à la phrase inqualifiable :

–- s’ils n’aiment pas le pain, qu’ils mangent de la brioche.

Aristo-tirade censée être une des causes de la révolution de 1789 par sa définition claire, limpide, du décalage total entre la réalité du peuple et celle des élites de l’époque, incapables d’imaginer qu’on pouvait manquer de pain. Un peu comme aujourd’hui : Il faut manger au moins 5 fruits et légumes par jour. Allez donc dire ça aux smicards et aux petits retraités gelés en fin de mois.

Ray Mont lui, cumulard dès le départ grâce à Jiskar, avec 2 salaires copieux et retraites assorties à vie ; premier ministre et ministre de l’économie, opta pour la manière forte, avec sa phrase fétiche ; filosophie vicelarde stigmatisant les seventie’s smicards, marauds balourds ravalés au rang d’esclaves culpabilisés ;

—- vous n’avez plus rien au frigo ? Et alors ! serrez vous la ceinture !

Clamait ce porcelet rondelet, premier du genre à appliquer la ‘rigueur budgétaire au peuple, suite à l’augmentation de la ‘dette, infamie générée de toute pièce par ses amis Ripoupidoux et Jiskars, fondus de pouvoir de banquiers avides, désormais Souverains des états pillés et seuls ‘ayant droit’ de battre monnaie, contre usure. Surgras, goinfré, Ray Mont Bar n’avait honte de rien et s’endormait régulièrement la bouille ravie sur les bancs de l’assemblée ‘nationale, gorgé de plats succulents et torché de vins fins. ‘Centriste, lyonnais, repu. Centré surtout militant de rien sauf du Blé, mais pas pour tous, comme d’ailleurs l’intégralité de ses coreligionnaires, assemblés nationaux tous partis confondus.

Mais, même si les années 70 ne paraissaient aucunement à l’époque être une approche, même approximative de l’Âge d’Or loin s’en faut, le temps passant, il nous faut bien reconnaître que, face à l’ambiance glauque et mortifère des années 2010, cette défunte décade quarantenaire riche en invention musicale, en espoir d’un monde meilleur, époque à patte d’éléphant où l’on avait au moins droit de rêver, d’ajouter un luxe inutile fut-il en tissu gaspillé par la mode, ressemble de plus en plus à un paradis perdu.

Cette histoire, bien qu’imaginaire se situe donc dans un pays exsangue où des gens excédés se rebellèrent au printemps.

Précisions : ce texte est écrit dans un esprit humoristique, basé sur l’exagération des défauts des personnages de l’histoire, qui en deviennent ridicules car caricaturaux. Même si hélas, ce genre de cinglés existent dans toutes les mouvances, activistes, extrémistes ou non, qu’elles soient d’ordre militaire, sectaire, politique, religieuse ou autre. À titre personnel, je suis farouchement pacifiste-à-condition-qu’on-me-laisse-tranquille, militant non homologué politique, religion, autre.

Il s’agit aussi de mettre en évidence ici les comportements stéréotypés qui deviennent pénibles chez la grande majorité des professionnels du ‘paf. Bien que pas nouveaux. Il semble que la larverie collaborative ou syndrome du larbin, soit l’essence même de la ‘réussite sociale chez l’ensemble des ‘journalistes, ‘artistes ou autres personnes ‘en vue sur les médias mainstream, à quelques exceptions près.

Cette engeance média-médisante paraît être constituée de simples vrp-speakers-relais du pouvoir en place. Même les avis-divergents-autorisés sont téléguidés, organisés en contre pouvoir faisandé. Faux revendicateurs, faux impertinents, rebelles factices, courent sur les ondes les écrans et arpentent la toile, minables araignées à deux pattes, canalisant la contestation populaire vers l’intérêt des maîtres, moyennant une obole de chien sale.

Hypocrisie et duplicité règnent donc en méprisables maîtresses dans la vile équipe de raconteurs de sornettes qui encombre nos radios et plateaux télés, web.

Les chaînes ‘d’information en particulier, réduisent le monde à un évènementiel ridicule, refondent l’importance des choses en un amalgame insane d’images à contenu foireux; vidéo ‘réalité truquée-tronquée, ‘histoire contemporaine édulcorée de toute forme d’intelligence, réinterprétée à la sauce ‘vous-inquiétez-pas-les-gars-tout-va-bien, ailleurs-c’est-pire. Les méchants-c’est-panou.

Dans un autre domaine, plus que jamais (hélas) d’actualité dans le monde, la torture est paraît-il de plus en plus utilisée. Non seulement la barbarie institutionnalisée n’a pas disparu, mais les accords de Genève sont désormais enterrés. De nouveaux ‘centres de torture éclosent régulièrement, partout dans le monde. Lieux innommables où des ‘hommes se consacrent à faire souffrir ‘consciencieusement leurs semblables.

Pour coller donc au réalisme psychopathe qui est le quotidien des bourreaux du 21ème siècle, au statut moins officialisé qu’il y a quelques siècles, mais encore très actifs aujourd’hui, certaines phrases de ce texte sont violentes et peuvent choquer, il s’agit d’un conte à caractère cruel, gore, sanglant, qui bien qu’imaginaire souligne les travers de sbires furieux qui sévissent partout dans le monde. Tortionnaire, mercenaire, sont jobs courus de nos jours, j’imagine que le salaire de l’horreur doit être ‘élevé, motivant.

Quoique, nul doute que la barbarie soit parfois bénévole.

Certains mots sont inventés par raison de consonance ou de rime. Le nom de quelques personnages sont empruntés à des nouvelles écrites précédemment, Aremède Tzoumoke notamment, est un horrible personnage sadique qui meurt à la fin de chacune de mes histoires. Évidemment, des correspondances avec des événements passés ou actuels sont utilisés ici pour conférer une vraisemblance apparente à ce scénario imaginaire, qui s’il devait se matérialiser, le serait de manière indépendante de ma volonté. Bonne lecture, rions 1 peu.

 

LE PRINTEMPS FRANCAIS

Conte gore : 1 / 3

 

En ce printemps 201?, dans un pays à racines détruites par un long et patient travail d’abrutissement collectif, un réveil inattendu surgit avec une violence démesurée. Il faut dire que la situation était devenue ingérable.

Suite à une hallucinante inflation du coût de la vie, des hordes faméliques se rassemblaient involontairement. Aux abords des déchetteries par exemple, devenues mines d’or remplies de détritus à demi comestibles que les malheureux s’arrachaient au premier degré. Noirs, blancs, jaunes, rouges, autre ; Les races se confondaient dans la misère. Bientôt, à force de rencontres importunes & fortuites entre gens d’infortune, des groupes amicaux d’obédience guerrière se formèrent. Étonnamment, les gisements d’immondices devinrent bientôt des salons où l’on cause. Car ces nouveaux pauvres possédaient une éducation et une érudition souvent éloquentes.

Sur ces lieux de finitude à ciel ouvert, où les ordures devenaient des auxiliaires de survie indispensables, des bagarres pour un pot de yaourt périmé finissaient parfois en banquet de sdfs, fraternisant par l’esprit sinon par la saveur outrepassée des mets.

Les participants à ces fêtes d’un nouveau genre étaient de tous âges, du bambin sachant à peine marcher au vieux ayant de plus en plus de mal à survivre avec sa retraite ponctionnée d’office par les margoules. Parfois, de mignonnes ministres la clope au bec, histoire de soigner leur populace communication, faisaient montre de s’afficher à ces garden parties de maudits ‘tendance.

Donc les sages parias, plutôt que s’étriper préférèrent partager leurs denrées hors limites en toute amitié. Un apprentissage émulant entre pauvres fit que l’adaptation à la misère leur dévoila bientôt une solution dans l’action.

 

De ces rassemblements de manants, jaillirent alors des bulles vindicatives faites de gens très déterminés.

Une de ces escouades particulière, à méthodes punitives extrêmes, inspirées d’un croisement intemporel de la Sainte Vehme, du Nkvd et de la Gestapo mais en plus barbare pour situer la mouvance, se nomma les Punisseurs, ou plutôt fut désigné ça et là comme cela par les rares victimes ayant survécu à la punition. Sur un plan éthique, ils étaient au fascisme ce qu’une Bugatti Vayron peut être à une Renault Twingo, en terme d’accélération et d’absence de pitié.

Très vite, le groupe se fit très discret et s’organisa de telle sorte à éviter toute infiltration extérieure. Il était impossible de savoir où et quand les Punisseurs frapperaient. Les Punisseurs s’étaient spécialisés dans l’attaque à main armée des studios où sévissaient radio & tv de propagande.

Cruels, les Punisseurs portaient bien leur nom. Ils appliquaient aux délinquants à cols blancs et aux spécialistes en balivernes la loi du Paria. Un dérivé de la Charia, mais débarrassé de pratiques moyenâgeuses démodées et trop difficiles à mettre en oeuvre.

 

Chez les Punisseurs, les jugements étaient équitables et simplifiés, tout le monde était juré.

Liberté Égalité Fraternité, devise ultra galvaudée par les pseudos représentants d’une république avilie, reprenait le sens commun. Les responsables coupables étaient enfin jugés, sans appel. Une fois la litanie interminable des délits accomplis par le margoule dévoilée au public dans un (très) court procès, un vote à main levée était proposé. Pouce en haut : la mort, pouce en bas : la mort.

Seule la durée de l’exécution de la peine était différente, selon que la majorité des votants aient levés ou baissés leur pouce.

Une photo Hd de la foule voteuse était décryptée par un bourreau Geek Punisseur, vêtu d’une toge romaine en satin vert véronèse, surmontée d’une capuche mauve solferino pointue, ressemblant vaguement à celle portée par les membres du Ku Klux Klan. Le bourreau fringué baroque rendait 12 secondes après un verdict définitif :

–– Est in Honore Tormentum ! Est in Tormentum Honestas ! Est in Cruciatus margulum* Redemptionem ! Hexactum et a lege Paria !

*margoule

En clair : La sentence était toujours la mort, lente ou rapide, pour tous les margoules.

 

logo punisseurs fusion

 

Ainsi que leur devise latine le précisait, pour les Punisseurs, L’Honneur résidait dans le tourment, les tourments dans L’Honneur, et la Rédemption passait par la Crucifixion, ou à peu près. Ils approchaient ainsi la conception intransigeante de l’Inquisition médiévale & des Templiers, pour qui la violence et la mort apportaient aux hérétiques la délivrance, ou presque. À ceci près que les Punisseurs n’enseignaient aucun idéal, n’intégraient aucune approche politique de ‘gauche ou de ‘droite, pas plus qu’ils n’adhéraient à une religion quelconque. Pour eux, la punition des coupables était une fin en soi.

Un acte gratuit.

Une de leurs maximes favorite était la paraphrase d’un pseudo rebelle, véritable voiture balai du pouvoir en place, surmédiatisée peu avant les élections présidentielles, qui proclamait sérieusement :  »Votez pour moi, c’est la révolution dans les urnes ! ». Ridiculisé au score dès le premier tour, le rebelle en carton se renia instantanément et grugea cash ses naïfs partisans, leur enjoignant de voter immédiatement pour le maître dodu, qui était à la révolution ce qu’un pigeon commun peut être à un aigle royal, en terme de nom d’oiseau.

Les punisseurs aimaient se gausser de ce pitoyable avatar du système en moquant sa phrase :

–– Voter ? c’est la révolution sans les burnes ! Nous, on vote pas ! on préfère la Révolution, avec les burnes !

Disaient les Punisseurs.

 

 

Les Punisseurs ; un curieux mélange de gens,

Géographiquement et socialement discordants, paradoxalement amis, issus de l’horizon du tout venant, s’étaient rassemblés pour une redistribution rapide du pouvoir aux électeurs grugés, floués. Moutons énervés par la manière forte et sournoise du pouvoir en place; junte soft grimée en démocrature. Armés, motivés, les Punisseurs ne plaisantaient pas.

 

Plusieurs catégories de nervis auraient dorénavant du soucis à se faire.

Entre autres ; les journaleux vendus et les faux impertinents ; consciencieux chiens de garde de l’empire, qui se donnent ‘bonne conscience en affichant un ‘style rebelle, qu’ils pensent valorisant. Agressant verbalement de manière fausse et ostentatoire leurs Maîtres, invités de connivence sur des questions sans importance, tandis que le fond nauséabond véhiculé par ‘l’élite interviewée, est cautionné de manière tacite par ces –-ulés mondains. Une autre cible des Punisseurs était les web trolls, propagandistes de tout bord qui ajoutaient à la servilité et au mensonge rémunéré la malfaisance anonyme, chose punie de mort lente par les justiciers implacables.

Lors de ce Printemps Français sans frontière, last but not least, les ‘novlangueurs officiels, ou inverseurs du sens de la vie à but d’enfumage massique, étaient eux aussi en danger de mort. Les Punisseurs haïssaient tous ces ‘conseillers occultes, communicateurs underground, véritables malades étiquetés ‘experts toutes catégories, qui tentent d’apprendre aux gens à marcher sur la tête. ‘Refaiseurs de monde sémantique, qui transforment les aveugles en ‘non voyants, les balayeurs en ‘techniciens de surface, les scandales en ‘affaires. Les citoyens éveillés en ‘complotistes.

—- Stop les cinoques ! UN CHAT EST UN CHAT, revenons aux Fondamentaux !

Disaient les Punisseurs,

Après un hiver particulièrement difficile, les beaux jours finirent par arriver, et le soleil porta une lueur d’espoir au cœur des habitants lésés. Même les gens simples, les naïfs, les Qui-se-posent-pas-de-questions s’en posaient désormais, et commençaient à ne plus (du tout) croire ce qu’ils voyaient à la télé.

La foule excédée, hérissée par les mensonges et la désinformation grossière des médias de masse & sa novlangue outrancière, permanente, insupportable, se déchaînait soudain. S’organisait solidairement au grand dam de ces Don Corleone de pacotille, de ces pitoyables ‘parrains guignolesques, étiquetés ‘élites d’une Nation mourante, à ce jour et par leur faute en lambeaux.

 

Chystogle Bave Billé fut une des premières victimes.

Il s’apprêtait à débagouler sa chronique matinale décérébrante pour sous chiens, quand la porte d’entrée blindée de Bsm Tv explosa. Une horde de barjos à peaux toutes couleurs & bonnets rouges pénétra en furie dans le studio surchauffé. Sépulcre impie dévolu dès l’ouverture à la propagande par paralogismes* et conneries manipulatoires en tout genre. Ineptes sornettes diffusées en boucle, toutes catégories confondues, en différé et en ‘direct live. Boue sonore et visuelle. Tv Farce mal scénarisée jetée à la face des gogos-gagas, sorte de zombies décérébrés au jt de 20 heures et shootés au caca-colo**

*mensonges / **coca cola

Voyant la porte désintégrée à l’explosif, les merdeux journaleux, comprenant que tout dialogue avec ces sauvages était voué à l’échec, se jetèrent tels cafards affolés sous les tables & dans les placards. Certains se tapirent derrière les rideaux, se collèrent aux angles des murs et fenêtres, rentrant leur ventre proéminent, apanage disgracieux des gloutons. Ces néfastes esbroufeurs espéraient encore fuir à cette heure terminale les bénévoles justiciers de la foule bernée.

Habitués à échapper au lynchage régulièrement, coursés itou dans les manifs populaires où les gens excédés par les merdias les attaquaient sauvagement, à la main, ou avec des marteaux, des battes de base ball et parfois même des haches, entraînés par des coachs spécialisés dans les révolutions imprévisibles, la plupart des tv-top-suckers* réussirent à se cacher à la vitesse de l’éclair :

—- bzzzt….

*littéralement ; top ventouses du paf,  vilains, sangsues indéboulonnables, désinformateurs en tout genre, bachi-bouzouks, punaises, invertébrés, scolopendres, menteurs prosélytes, affreux, cafards, poux, conteurs de sornettes, média-vermine, parasites, larves, morts de faim, débris, taupes, sournois, rats.
 

 

La fumée de l’explosion dissipée, le tv studio apparut désert aux assaillants dupés.

Seul un balayeur, rapidement mis hors de cause par les rebelles au vu de l’innocence évidente de son instrument de travail, resta bouche bée face aux gaillards insoumis. Décontenancés, les émeutiers décidés à (pour commencer) rouer de coup tout ceux qui leur tomberaient sous la main, s’apprêtaient à repartir vers une autre pièce pour assouvir leurs instincts belliqueux :

—- Où y sont ! putain ! Ces -n-ulés ! Pourtant, c’est bien l’heure du ‘journal de mes 2…

—- Oui Chef, c’est bizarre, bah, peut être qu’ils sont tous à la machine à café.

—- Ouais, on va contrôler tout l’étage et souvenez vous : PAS DE QUARTIER POUR LES E-C-LÉS ! Surtout, ne vous laissez pas embobiner !

—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER ! !
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER !! !!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER !!! !!!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER !!!! !!!!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!!  !!!!!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!!!  !!!!!!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!!!!  !!!!!!!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!!!!!  !!!!!!!!
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!!!! !!!!!!! 
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!!! !!!!!!  
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!!! !!!!! 
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!!! !!!! 
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !!! !!! 
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !! !! 
—- OUI CHEF, ON VA LES MASSACRER  !  ! 

À plat ventre sous la table réservée aux interviews bidonnées, couverte d’une longue nappe ridicule en tissu non tissé vert soupe, Chystohle Bave Billé se croyait à l’abri. Las pour lui, un détail vestimentaire le trahit.

—- Chef !! CHEEFF !!! Regardez : là ! LÀ !!! Y a un bout d’écharpe rouge qui sort de dessous la table verte !!

—- Putain ! C’est vrai ! c’est sûrement ce petit –dé de Chystoile Bave Billé, au bout.

Le balèze révolutionnaire attrapa le bout d’étoffe duveteux vermillon et le tira férocement.

–– Ssrrrrrcchhhh ! Fit le frottement de la laine sur le parquet usagé dans un crépitement électro-statique étincelant.

L’horrible lèche botte larvaire, entraîné malgré lui dans une rotation horizontale parterre, détala comme un yoyo laid jusqu’au pied du chef et le dévisagea d’un air ahuri. Sous l’effet de la peur de l’instant suivant*, auréolé de terreur, le pleutre Bave Billé se ressaisit très vite et bava d’un ton quasi naturel :

*peur du lendemain raccourci

—- C’est pas moa ! je vous assure CHEF ! je ne suis qu’un sosie de ce f-l- de p-t- de Chystojle Bave Billé !

—- ??? VOUS ENTENDEZ ÇA LES GARS, y m’appelle CHEF !!!! il essaie encore de me, de NOUS prendre pour des cons. Inutile de mentir, ducon, ON SAIT QUE C’EST TOI !!! Des tronches comme la tienne, ça court pas (heureusement) les rues ! Encore moins les studios de télé. Tu vas MORFLER !!

—- Oui ! C’est moi ! J’AVOUE !!! Ne-me-massacrez-pas-pitié ! C’est pas 2 ma faute, malgré les apparences, je suis un gauchiste véritable, je vous assure, un communiste même ! & voyez la couleur de mon écharpe : ROUGE ! n’est ce pas là une PREUVE de mon INNOCENCE ?? et même, de mon appartenance à la Révolution, hein ? Chef ?

—- Et quand tu bandais pour sarzi, t’étais déjà communiste, Ducon ? Et cette écharpe en Cashmere, teintée au Murex brandariformis Locard, et tes John Lobb sur mesure, ça vient d’un vide grenier ?

—- C’est vrai que les apparences sont contre moi… Mais… j’ai les pieds fragiles… et un peu fourchus, ce qui m’oblige à dépenser des fortunes en chaussures sur mesure. ET je suis OBLIGÉ de mentir à la télévision, car je suis MENACÉ DE MORT ! Venez avec moi Chef, pour Vous, je suis prêt à dénoncer les coupables, je vais même vous accompagner jusqu’à ces ORDURES, ce sont EUX les véritables responsables, les Chefs Mainstrimeurs ; ils sont TOUS cachés dans les placards, les salauds ! JE VOUS AIME, VIVE LA RÉVOLUTION !!! Comme vous êtes beau, Chef !!!

—- D’accord, on te suis, mais ne crois pas que tu vas t’en tirer comme ça ! N’espère même pas !! D’abord, tu vas nous montrer où sont cachés tes frères, mais après, vous allez TOUS y passer ! UN APRÈS L’AUTRE.

 

Tremblants de peur, Les tv-top-suckers s’étaient réfugiés dans les vestiaires.

Le tintamarre révolutionneux se propagea par l’air aux oreilles couardes des capons journaleux. Laides larves au teint terreux, terrées en réduits saugrenus. Affolés, terrorisés, planqués par grappes dans des armoires oblongues en fer peint de gris, collés comme des moules agrippées à une bouée portuaire, frôlés par les araignées intriguées, les vils speakers menteurs subodorèrent le pire, à juste titre.

 

Ils savaient qu’ils allaient mourir.

Déjà, la semaine passée, leurs collègues d’i-T-Laid avaient beaucoup souffert. Un seul d’entre eux avait pu s’échapper avant le carnage, mais il avait perdu un œil, 4 doigts et ne se souvenait plus de son nom. On retrouva peu après tous ses amis sbires ‘rédacteurs et speakers de la chaîne concurrente, morts sur leur lieu de travail.

Le visage des cadavres affichait une curieuse expression de terreur. Leurs yeux figés, écarquillés, semblaient fixer le même point précis, vraisemblablement quelque part en enfer. Selon les premières constatations, tous avaient été longuement torturés, humiliés, puis cloués aux portes, crucifiés comme chouettes au moyen âge.

Le fait était, qu’après avoir profité de jobs enviables et prestigieux aux yeux des télé-crétins ensorcelés par les pixels magiques, les professionnels du mensonge étatico-médiatique faisaient maintenant un travail de kamikaze. Tant ils étaient incapables de modifier leur pensée coutumière, viciée et subordonnée à leur intérêt personnel.

Stoïques dans la vilenie car intrinsèquement vils, odieusement vulgaires, ces zélés serviteurs des canaux hertziens aux ordres continuaient à proférer leurs mensonges, tout en sachant bien que le sort réservé aux porcs de leur espèce par les Punisseurs, en ces temps très difficiles pour tout le monde, oscillait entre un choix dilemnique.

À savoir ; la pendaison façon Nuremberg, la décapitation ou la défenestration. Rien de bien joyeux. Quelquefois, par mansuétude, les Punisseurs, ces Incroyables, ces Sans Culotte d’une ère neuve laissaient la vie sauve aux larbins du système. Mais alors, ils leur coupaient les oreilles, le bout du nez, et 3 doigts au choix.

Plus rarement, les ordures systémiques étaient scalpées ou brûlées.

N’ayant pu convaincre ses futurs bourreaux de son ‘innocence, hagard, Chystokle Bave Billé s’était mis à genoux, métaphorisant physiquement sa soumission aux nouveaux maîtres. Prêt à tout pour prolonger son hideuse existence.

Le bras droit du Chef s’appelait Aremède Tzoumoke, sorte de vengeur opportuniste fieffé, ex-barbouze à caractère cruel et même un peu (furieusement) sadique sur les bords. Naguère chassé du Sac et de l’Oas pour comportement inhumain, il ne partait jamais au front sans son manuel des tortures. Une compilation invraisemblable des méthodes les plus cruelles de punition et d’interrogatoire jamais inventées par les bourreaux pervers, cela au travers de toutes les époques post-invention de l’écriture humaine, runes et hiéroglyphes compris. De l’arrachage d’ongle à la carbonisation inquisitrice, de l’éviscération progressive à l’écartèlement basique, à cheval ou en voiture, Tzoumoke connaissait tout. Son palmarès criminel n’avait rien à envier à celui des plus grands sérial-killers, excepté les chefs d’états fauteurs de guerre évidemment.

—- Chef ? Vous me laisserez m’occuper de Bave Billé ? Hein, CHEF ? Pour noël, on m’a offert des couteaux à lame en céramique blanche, plus coupante qu’un rasoir, laissez moi lui couper les doigts avec ces armes hi-tech. Ah ! Quel plaisir, quel bonheur de torturer, d’amputer les gens si facilement ; os, nerfs, tendons, rien ne résiste à ces nouveaux matériaux composites ! tandis que le puni hurle à plein poumon, on peut lui émincer les doigts comme petits oignons, ha ha ha !

—- Ouais, si tu veux, mais c’est pas la peine de s’emmerder, on n’a qu’à le jeter par la fenêtre, c’est plus simple. Vu le nombre de charognes qu’on doit crever, on n’a pas de temps à perdre ! Après, faut encore choper Hell Kha Bâche, Jeun-jacte Dinbou, Yfane Kalify, Pue Yadas, Naze Rôle, Route Hèle Grief, J’Empire Père No, Ass Colo Vichy, Taniel Pile Alien, Jan Ramie Cas Fada, Dom Y Nik Bo 10, entre autres médias-masters-fuckers. Inutile de finasser, du 5ème étage, il devrait se viander correct sur les pavés de granit.

—- Dommage Chef, je venais de découvrir des méthodes secrètes de tortures inouïes, tirées des cryptogrammes punitifs mayas, qu’un scientifique vient de déchiffrer, on aurait rigolé. Il paraît que les Grands Prêtres, avant de sacrifier les victimes à Chacmol , le Dieu de la Guerre et du Sang, leur faisaient avaler un mélange d’herbes sacrées redoutable, destiné à augmenter la souffrance du supplice, afin que les ondes de douleur des condamnés soient plus intenses, et satisfassent Chacmol davantage. Moyennant quoi, Chacmol les récompensait en arrangeant la météo pour améliorer les récoltes.

—- Mais où vas tu chercher des trucs pareils, tu devrais peut être arrêter le cannabis de synthèse, et aussi cesser de regarder ‘Alien théory’ la nuit, et de pratiquer la magie noire, tu vas finir par péter les plombs !

—- Oui. Je me suis procuré à prix d’or un sachet de ces herbes miraculeuses, mais elles ont une odeur bizarre, j’ai comme l’impression que l’explorateur aztèque m’a refilé du fenouil. Sinon, j’ai trouvé sur Wiki un chapitre fascinant sur la peine de mort d’avant la révolution. Quel con ce Guillotin ! Avant lui c’était largement plus fun, les faux monnayeurs étaient bouillis vifs dans un chaudron par exemple ! Comme des homards. Vous imaginez çà chef ? Bon, c’est vrai que pour trouver aujourd’hui un chaudron assez grand pour contenir un homme du calibre de Van Rom Puïe ou Bas Roseau, ça va pas être simple, mais peut être qu’en amputant les condamnés et en les cautérisant au fer rouge, il devrait suffire d’une marmite de cantine scolaire en aluminium.

—- Ouais, n’importe quoi, on n’a pas que ça à faire, décidément tu t’arranges pas Aremède !

—- C’est vrai Chef je m’emballe, je suis trop consciencieux. Mais avouez que c’est quand même dommage que le sadisme soit prohibé aujourd’hui, enfin, à l’extérieur des commissariats et des prisons bien sûr. Paraît qu’avant la guillotine, c’était la décapitation au sabre pour les nobles, la hache et le billot pour les autres, et ceux qui n’avaient pas les moyens de payer leur exécution étaient raccourcis avec une lame émoussée, histoire de prolonger la souffrance ! Le bourreau devait s’y prendre à plusieurs fois, ha ha ha ! C’est vrai que finalement, Guillotin était un humaniste ! L’égalité dans la punition, une lame de cinquante kilos dans un rail de bois bien gras et hop, la cravate à Capet, la tête au panier.

—- En attendant, met Bave Billé en laisse, des fois qu’il tente une échappée. Si tu es gentil, je te laisserai lui couper les doigts.

 

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Texte images © Copyright Piere Chalory, mars 2014 #PiereChalory #Surrealism #Horreur

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